Durant le deuxième quart du 19e siècle, les intérêts de la majorité francophone et d’une minorité agissante d’anglophones sont représentés par le parti Canadien, plus tard rebaptisé parti Patriote, qui domine la Chambre d’assemblée.

En février 1834, les députés du parti Patriote, avec à leur tête Louis-Joseph Papineau, déposent à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada les 92 résolutions, dont celle concernant le gouvernement responsable.

En mars 1837, le Parlement britannique adopte les résolutions Russell, qui font fi des requêtes des élus de la Chambre d’assemblée.

Le 7 mai, les personnes présentes à l’assemblée de Saint-Ours adoptent les douze résolutions, lesquelles équivalent, selon l’historien Gérard Filteau, à la « Déclaration des Droits des Canadiens ».

Première du genre, l’assemblée amorce au Bas-Canada la ronde d’assemblées anti-coercitives que l’administration coloniale interdira dès juin.

Le tout sans aucun résultat, puisque les assemblées se succèdent jusqu’à leur point culminant, le 23 octobre, à Saint-Charles-sur-Richelieu (village Debartzch).

Le 18 novembre 1837, sir John Colborne ordonne aux troupes britanniques de débusquer les patriotes et d’écraser la rébellion dans l’œuf.

Le 23, sous le commandement du Dr Wolfred Nelson, les patriotes repoussent à Saint-Denis les troupes du colonel Charles Stephen Gore.

Deux jours plus tard, ils perdront la bataille de Saint-Charles aux mains des hommes du lieutenant-colonel Georges Augustus Wetherall.

Le 6 décembre, en route vers Saint-Césaire, les patriotes affrontent des loyaux à Moore’s Corner. Le 14 décembre, l’armée de sir John Colborne, composée de réguliers et de volontaires, l’emporte à Saint-Eustache contre les patriotes.

Fort de l’appui populaire américain, Robert Nelson – frère cadet de Wolfred – entend bien envahir le Canada, tandis que Louis-Joseph Papineau juge qu’en l’absence de soutien de la part du gouvernement américain, une telle tentative est vouée à l’échec.

Le 28 février 1838, Robert Nelson, par défi, il déclare l’indépendance du Canada et proclame la république du Bas-Canada à Caldwell’s Manor, château fort des loyaux. La tentative se solde par un échec.

Les patriotes fondent alors une organisation secrète afin d’unir tous ceux voulant lutter pour l’indépendance canadienne : l’Association des Frères chasseurs.

Le 4 novembre 1838, Nelson déclare à nouveau l’indépendance du Bas-Canada. Proclamé président de la République du Bas-Canada, il envoie un fort détachement de ses hommes en direction de la frontière.

À leur retour, le 7, ceux-ci sont défaits à Lacolle par les milices formées de loyaux de la région, abandonnant leurs armes derrière eux. Malgré cette perte, les Frères chasseurs, avec Nelson à leur tête, affrontent deux jours plus tard à Odelltown les troupes régulières et les volontaires loyaux. Ce dernier affrontement sonne le glas de la cause patriote.

Depuis ce temps, les rébellions de 1837 et 1838 ont souvent marqué la mémoire collective et, ce faisant, leur commémoration a suscité maintes controverses.